Ce qui change en 2026 pour un particulier qui rénove

Frise chronologique de quatre dates, de l'audit énergétique étendu à la classe E au DPE collectif des petites copropriétés

Quatre règles ont bougé entre octobre 2025 et janvier 2026, et elles touchent presque tous les projets de rénovation énergétique. Un taux de TVA qui descend, un autre qui disparaît, une obligation de diagnostic qui s’étend aux petites copropriétés, et une aide publique dont le périmètre s’est nettement resserré.

Aucune de ces évolutions n’a fait beaucoup de bruit. Toutes se retrouvent pourtant sur un devis, et plusieurs décident si un dossier d’aide aboutit ou non.

Voici l’état des règles, chacune renvoyée à sa source.

La TVA à 5,5 % sur le photovoltaïque, depuis octobre 2025

Depuis le 1ᵉʳ octobre 2025, une installation photovoltaïque de 9 kWc au maximum posée sur un local à usage d’habitation peut bénéficier du taux réduit de 5,5 %, quel que soit l’âge du logement. C’est une rupture avec les règles antérieures, qui réservaient l’avantage aux logements achevés depuis plus de deux ans.

Trois conditions doivent être réunies en même temps. Les modules doivent respecter quatre critères environnementaux, l’installation doit comporter un gestionnaire d’énergie, et l’entreprise doit détenir une qualification professionnelle en cours de validité.

Le seuil de 9 kWc s’apprécie par opération. Une extension qui porte la puissance totale au-delà de 9 kWc reste donc éligible pour elle-même.

Le taux de 10 % a disparu

Le taux intermédiaire de 10 %, qui visait les installations de 3 kWc au maximum sur un logement de plus de deux ans, a pris fin le 31 décembre 2025. Une période de transition s’appliquait aux devis datés, acceptés par les deux parties et suivis d’un acompte ou d’une offre de financement avant le 1ᵉʳ janvier 2026.

Un devis qui annonce encore 10 % aujourd’hui s’appuie sur une information périmée. Il vaut la peine de le signaler à l’installateur avant de signer.

La batterie fait basculer toute l’opération

C’est le point le plus coûteux, et le moins connu. La batterie de stockage n’entre pas dans le champ du taux réduit. Or lorsqu’une opération unique réunit des éléments relevant de taux différents, c’est le taux le plus élevé qui s’applique à l’ensemble.

Une installation vendue avec batterie dans la même opération est donc soumise à 20 % en totalité, même si tous les autres critères sont remplis. Sur un devis de 15 000 €, l’écart entre 5,5 % et 20 % dépasse 2 000 €.

Cela ne signifie pas qu’il faille renoncer au stockage. Cela signifie qu’il faut en parler au moment du devis, et non après.

Le DPE collectif atteint les petites copropriétés

C’est la nouveauté du 1ᵉʳ janvier 2026, et elle concerne des centaines de milliers de logements.

La loi Climat et Résilience impose un DPE à l’échelle du bâtiment, dit DPE collectif, à tous les immeubles d’habitation collective, selon un calendrier étalé sur trois ans.

| Échéance | Immeubles concernés | |—|—| | 1ᵉʳ janvier 2024 | Monopropriété et copropriétés de plus de 200 lots | | 1ᵉʳ janvier 2025 | Copropriétés de 50 à 200 lots | | 1ᵉʳ janvier 2026 | Copropriétés d’au maximum 50 lots |

La dernière marche est de loin la plus large, puisqu’elle vise l’immense majorité des petites copropriétés. Le diagnostic est réalisé à l’initiative du propriétaire et à ses frais, par un diagnostiqueur certifié.

Ce document n’est pas une formalité de plus. Il objective l’état de l’enveloppe et des équipements communs, il alimente le projet de plan pluriannuel de travaux, et il donne aux copropriétaires une base chiffrée pour arbitrer entre une isolation par l’extérieur, un changement de chaufferie ou un raccordement à un réseau de chaleur. Pour une copropriété qui hésite depuis des années, c’est souvent lui qui débloque la discussion.

L’audit énergétique vise désormais la classe E

À la vente, un audit énergétique réglementaire s’ajoute au DPE et présente un parcours de travaux. Son périmètre s’élargit par paliers.

  • Du 1ᵉʳ avril 2023 au 31 décembre 2024, il visait les classes F et G
  • Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, il vise les classes E, F et G
  • À compter du 1ᵉʳ janvier 2034, il visera aussi la classe D

Une précision décisive, et régulièrement oubliée. Cette obligation ne concerne que les logements en monopropriété, c’est-à-dire les maisons individuelles et les immeubles entiers appartenant à un seul propriétaire. Un appartement vendu au sein d’une copropriété classique n’y est pas soumis, quelle que soit son étiquette.

Beaucoup de vendeurs font réaliser cet audit à tort, et beaucoup d’acquéreurs le réclament sans fondement.

MaPrimeRénov’ : un parcours par geste très resserré

C’est l’évolution qui surprend le plus les propriétaires, parce qu’elle contredit ce que racontent encore beaucoup de pages en ligne.

En métropole, le parcours par geste ne retient plus que cinq postes.

  • La pompe à chaleur air-eau
  • La pompe à chaleur géothermique ou solarothermique, avec son échangeur de chaleur souterrain
  • Le raccordement à un réseau de chaleur ou de froid alimenté majoritairement par des énergies renouvelables ou de récupération
  • La dépose d’une cuve à fioul
  • La réalisation d’un audit énergétique, hors obligation réglementaire

Autrement dit, l’isolation seule, le remplacement de fenêtres, la ventilation double flux, la chaudière à granulés et le poêle à bois n’ouvrent plus droit à MaPrimeRénov’ en geste isolé en métropole. Ces travaux restent finançables, mais à l’intérieur d’une rénovation d’ampleur.

La rénovation d’ampleur, et ses deux conditions d’entrée

Le second parcours finance un ensemble de travaux jugé sur son résultat. Il demande un gain d’au moins deux classes au DPE, et l’aide se calcule en pourcentage de la dépense.

| Gain au DPE | Bleu | Jaune | Violet | Rose | Plafond | |—|—|—|—|—|—| | 2 classes | 80 % | 60 % | 45 % | 10 % | 30 000 € HT | | 3 classes ou plus | 80 % | 60 % | 45 % | 10 % | 40 000 € HT |

Deux conditions d’entrée sont souvent découvertes trop tard. Le logement doit être classé E, F ou G au DPE, ce qui exclut un bien déjà classé D. Et le parcours commence par un rendez-vous obligatoire avec un conseiller France Rénov’, qui délivre une attestation de contact sans laquelle le dossier ne peut pas être constitué.

Le délai d’ancienneté du logement, enfin, mérite d’être connu. Il est de quinze ans en règle générale, mais il tombe à deux ans dans le parcours par geste pour une pompe à chaleur air-eau, une pompe à chaleur géothermique ou solarothermique, et un raccordement à un réseau de chaleur.

Ce que cela change concrètement

Si vous préparez un projet, quatre réflexes suffisent à éviter les erreurs les plus coûteuses de l’année.

  • Vérifiez le taux de TVA annoncé sur le devis, et demandez explicitement ce qui se passe si vous ajoutez une batterie.
  • Demandez à votre syndic où en est le DPE collectif si votre copropriété compte cinquante lots ou moins. L’échéance est passée.
  • Ne commandez pas un audit énergétique pour vendre un appartement en copropriété, il n’est pas exigé.
  • Prenez rendez-vous avec France Rénov’ avant tout si votre projet vise une rénovation d’ampleur. C’est gratuit, et c’est la première étape obligatoire.

Les règles continueront de bouger, c’est la nature de ce domaine. Ce qui ne bouge pas, c’est l’intérêt de vérifier une information datée avant de signer quoi que ce soit.

Sources

Questions fréquentes

Quel taux de TVA s’applique à une installation photovoltaïque en 2026 ?

Le taux réduit de 5,5 % s’applique depuis le 1ᵉʳ octobre 2025 aux installations de 9 kWc au maximum posées sur un local à usage d’habitation, quel que soit l’âge du logement, à trois conditions cumulatives. Les modules doivent respecter quatre critères environnementaux, l’installation doit comporter un gestionnaire d’énergie, et l’entreprise doit détenir une qualification en cours de validité. Sinon, le taux normal de 20 % s’applique.

Le taux de TVA à 10 % existe-t-il encore ?

Non. Le taux intermédiaire de 10 % a pris fin le 31 décembre 2025. Une période de transition s’appliquait aux devis datés, acceptés par les deux parties et suivis d’un acompte ou d’une offre de financement avant le 1ᵉʳ janvier 2026. Un devis qui annonce encore 10 % aujourd’hui s’appuie sur une information périmée.

Ma copropriété doit-elle faire un DPE collectif ?

Oui si elle compte au maximum 50 lots, depuis le 1ᵉʳ janvier 2026. Les copropriétés de 50 à 200 lots y étaient soumises depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, et celles de plus de 200 lots depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, en même temps que les immeubles en monopropriété. Le diagnostic est réalisé par un diagnostiqueur certifié, aux frais du propriétaire.

Faut-il un audit énergétique pour vendre un appartement classé F ?

Non, si l’appartement se trouve dans une copropriété ordinaire. L’audit énergétique réglementaire ne vise que les logements en monopropriété, c’est-à-dire les maisons individuelles et les immeubles entiers appartenant à un seul propriétaire. Le DPE, lui, reste obligatoire dans tous les cas.

L’isolation des combles ouvre-t-elle encore droit à MaPrimeRénov’ ?

Plus en geste isolé, en métropole. Le parcours par geste ne retient que la pompe à chaleur air-eau, la pompe à chaleur géothermique ou solarothermique, le raccordement à un réseau de chaleur ou de froid, la dépose d’une cuve à fioul et l’audit énergétique hors obligation réglementaire. L’isolation reste finançable à l’intérieur d’une rénovation d’ampleur.

Quelles sont les conditions pour entrer dans une rénovation d’ampleur ?

Le logement doit être classé E, F ou G au DPE, et les travaux doivent faire gagner au moins deux classes. Le parcours commence par un rendez-vous gratuit mais obligatoire avec un conseiller France Rénov’, qui délivre une attestation de contact indispensable au dossier, puis se poursuit avec un accompagnement par un Mon Accompagnateur Rénov’.

Une batterie fait-elle perdre la TVA à 5,5 % ?

Oui, et sur l’installation entière. La batterie de stockage n’entre pas dans le champ du taux réduit, et lorsqu’une opération unique réunit des éléments relevant de taux différents, c’est le taux le plus élevé qui s’applique à l’ensemble. Le sujet se traite au moment du devis, pas après.

Mon logement a moins de quinze ans, puis-je bénéficier de MaPrimeRénov’ ?

En règle générale non, le logement doit avoir été construit depuis au moins quinze ans à la date de la notification de la prime. Ce délai tombe cependant à deux ans dans le parcours par geste lorsque le projet porte sur une pompe à chaleur air-eau, une pompe à chaleur géothermique ou solarothermique, ou un raccordement à un réseau de chaleur ou de froid.

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