Géothermie chez un particulier, le forage, la déclaration et le délai de deux ans
La pompe à chaleur géothermique est la solution de chauffage renouvelable la plus performante pour une maison, et la plus encadrée. Parce qu’elle suppose de percer le sol, elle relève d’un cadre réglementaire propre, qui a changé récemment.
Trois choses à savoir avant d’engager quoi que ce soit : ce que la loi appelle un forage de minime importance, qui a le droit de le réaliser depuis 2025, et un délai administratif qui joue en votre faveur.
Deux familles de captage, deux projets différents
Les capteurs horizontaux. Des tubes enterrés à faible profondeur, déployés en boucles sur une surface de terrain. Pas de forage profond, un coût d’installation plus mesuré, mais une emprise au sol importante, et un terrain qui ne peut plus accueillir ni arbre ni construction au-dessus.
Les sondes verticales. Un ou plusieurs forages, descendant typiquement entre quelques dizaines et deux cents mètres. L’emprise au sol est minime, la performance plus stable sur l’année puisque la température du sous-sol varie peu en profondeur. En contrepartie, le forage est l’essentiel du budget.
Le choix ne se fait pas par préférence. Il se fait sur la surface disponible, la nature du sous-sol et la puissance nécessaire.
Ce que la loi appelle la géothermie de minime importance
C’est le régime qui concerne la quasi-totalité des projets de maison individuelle, et il simplifie beaucoup les choses.
Relèvent de la géothermie de minime importance les installations dont le forage descend entre 10 et 200 mètres. Pour les sondes verticales en boucle fermée, les critères retenus sont une profondeur inférieure à 200 mètres et une puissance thermique inférieure à 500 kW — un seuil très au-dessus des besoins d’une maison.
Sous ce régime, le projet ne demande pas d’autorisation minière, mais il doit être télédéclaré. La déclaration incombe au propriétaire de l’installation, ou au foreur qualifié agissant sur mandat du propriétaire.
Elle s’accompagne de certificats de conformité, dont le certificat de sonde attestant de son numéro de série. Ce document n’est pas une formalité : c’est lui qui rattache la sonde posée chez vous à la garantie décennale.
Le changement de 2025, et il est important
Depuis le 1ᵉʳ juillet 2025, les qualifications RGE Travaux QualiForage ne sont plus valables pour les travaux de forage géothermique. Seule la certification CertiForage est désormais reconnue, et elle est obligatoire.
C’est le point à vérifier en priorité sur un devis. Une entreprise qui affiche encore QualiForage pour un forage géothermique s’appuie sur une référence périmée, et cela compromet à la fois la conformité de l’installation et l’accès aux aides.
La question se pose simplement : « votre foreur est-il certifié CertiForage, et pouvez-vous me transmettre l’attestation en cours de validité ? »
Le délai de deux ans, qui change beaucoup de choses
Voici l’avantage que peu de propriétaires connaissent, et il concerne MaPrimeRénov’.
Dans le parcours par geste, le logement doit en principe avoir été construit depuis au moins quinze ans à la date de la notification de la prime. Mais ce délai tombe à deux ans lorsque le projet porte sur une pompe à chaleur géothermique ou solarothermique avec échangeur de chaleur souterrain, sur une pompe à chaleur air-eau, ou sur un raccordement à un réseau de chaleur ou de froid.
Autrement dit, un logement récent, exclu de l’essentiel du dispositif, redevient éligible pour ce geste précis. C’est l’une des rares portes ouvertes pour une maison de moins de quinze ans.
Rappelons aussi que la pompe à chaleur géothermique figure parmi les cinq seuls postes que le parcours par geste retient encore en métropole, ce que détaille notre article sur ce qui change en 2026.
L’étude de sol n’est pas une option déguisée
C’est la dépense que l’on cherche le plus souvent à éviter, et c’est celle qui protège le budget.
Le sous-sol décide du rendement. Sa conductivité thermique, la présence d’eau, la nature des terrains traversés font varier la longueur de sonde nécessaire pour une même puissance. Dimensionner sans connaître le terrain revient à choisir entre deux risques — un champ de sondes sous-dimensionné qui fera peiner la pompe, ou surdimensionné que vous aurez payé pour rien.
L’ADEME finance d’ailleurs ce type d’étape : études de faisabilité, assistance à maîtrise d’ouvrage, tests de réponse thermique et forages de reconnaissance figurent parmi les prestations qu’elle soutient. Se renseigner sur ces aides avant de commander l’étude est un réflexe utile.
Dans quel ordre mener le projet
- Vérifier la faisabilité sur votre parcelle, surface disponible pour un horizontal, accès des engins pour un vertical.
- Faire réaliser une étude, et regarder si elle est soutenue.
- Demander la certification CertiForage du foreur, attestation à l’appui.
- Vérifier l’ancienneté du logement et le parcours d’aide applicable, en gardant en tête l’exception des deux ans.
- Exiger la télédéclaration et la remise des certificats de conformité, dont celui de la sonde avec son numéro de série.
- Conserver tous ces documents. Ils servent à la garantie décennale et à la revente.
Ce que la géothermie apporte, et ce qu’elle demande
Elle offre une performance stable toute l’année, parce que la température du sous-sol ne suit pas celle de l’air. C’est sa différence essentielle avec une pompe à chaleur aérothermique, dont le rendement baisse justement quand il fait froid, c’est-à-dire quand on en a le plus besoin. Certaines installations permettent en outre de rafraîchir en été.
En contrepartie, elle demande un terrain, un investissement initial plus élevé, et une rigueur administrative que les autres solutions n’imposent pas. C’est un projet de maison, pensé sur vingt ans, pas un remplacement de chaudière décidé en novembre.
Sources
- Géothermie de minime importance, de la réglementation aux règles de l’art — Géothermies, BRGM et ADEME. Régime GMI, seuils, télédéclaration, certificats de conformité, certification CertiForage.
- Accompagner votre projet de géothermie de surface — Géothermies.
- Conditions d’éligibilité et de financement, installation de géothermie de surface — ADEME.
- MaPrimeRénov’ (MPR) — Service Public, fiche vérifiée le 1ᵉʳ septembre 2026. Délai d’ancienneté et son exception à deux ans.
Questions fréquentes
Quelle différence entre capteurs horizontaux et sondes verticales ?
Les capteurs horizontaux sont des tubes enterrés à faible profondeur sur une grande surface, sans forage profond, mais ils immobilisent le terrain qui ne peut plus accueillir ni arbre ni construction. Les sondes verticales descendent typiquement entre quelques dizaines et deux cents mètres, n’occupent presque pas de surface et offrent une performance plus stable, le forage représentant l’essentiel du budget.
Qu’est-ce que la géothermie de minime importance ?
Le régime qui couvre la quasi-totalité des projets de maison individuelle. Il vise les installations dont le forage descend entre 10 et 200 mètres. Pour les sondes verticales en boucle fermée, les critères sont une profondeur inférieure à 200 mètres et une puissance thermique inférieure à 500 kW, un seuil très au-dessus des besoins d’une maison.
Faut-il une autorisation pour un forage géothermique ?
Pas d’autorisation minière sous le régime de minime importance, mais une télédéclaration obligatoire. Elle incombe au propriétaire de l’installation, ou au foreur qualifié agissant sur mandat du propriétaire, et s’accompagne de certificats de conformité.
Qu’est-ce que le certificat de sonde ?
Un document attestant du numéro de série de la sonde posée. Ce n’est pas une formalité, c’est lui qui rattache la sonde installée chez vous à la garantie décennale. Il se conserve avec le reste du dossier, et il sert aussi à la revente.
Quelle certification doit avoir le foreur ?
CertiForage, et elle seule. Depuis le 1ᵉʳ juillet 2025, les qualifications RGE Travaux QualiForage ne sont plus valables pour les travaux de forage géothermique. Une entreprise qui affiche encore QualiForage pour ce type de travaux s’appuie sur une référence périmée, ce qui compromet la conformité et l’accès aux aides.
Mon logement a moins de quinze ans, puis-je avoir une aide ?
Oui, pour ce geste précisément. Dans le parcours par geste de MaPrimeRénov’, le délai d’ancienneté de quinze ans tombe à deux ans lorsque le projet porte sur une pompe à chaleur géothermique ou solarothermique avec échangeur souterrain, sur une pompe à chaleur air-eau, ou sur un raccordement à un réseau de chaleur. C’est l’une des rares portes ouvertes pour une maison récente.
L’étude de sol est-elle vraiment nécessaire ?
Oui, et c’est elle qui protège le budget. La conductivité du sous-sol, la présence d’eau et la nature des terrains traversés font varier la longueur de sonde nécessaire pour une même puissance. Sans étude, on choisit entre un champ sous-dimensionné qui fera peiner la pompe et un champ surdimensionné payé pour rien. L’ADEME soutient d’ailleurs les études de faisabilité, les tests de réponse thermique et les forages de reconnaissance.
La géothermie est-elle plus performante qu’une pompe à chaleur air-eau ?
Elle est surtout plus stable. La température du sous-sol ne suit pas celle de l’air, si bien que la performance ne s’effondre pas quand il fait froid, c’est-à-dire au moment où l’on en a le plus besoin. Certaines installations permettent en outre de rafraîchir en été. En contrepartie elle demande un terrain, un investissement initial supérieur et une rigueur administrative que les autres solutions n’imposent pas.